Au menu du jour : le bois et ses mystères ! Si vous vous demandez comment devenir menuisier, sachez que c’est un chemin que je n’ai jamais regretté d’avoir emprunté depuis plus de quatre décennies. Le contact avec la matière, l’odeur des copeaux fraîchement taillés, ce petit frisson quand une pièce s’emboîte parfaitement… Je vous livre mes conseils pour rejoindre cette grande famille d’artisans.
Pour les pressés :
La menuiserie est un métier ancestral qui allie technique, créativité et passion du travail bien fait. Voici l’essentiel à savoir pour se lancer dans cette aventure :
- Les formations débutent par le CAP menuisier et peuvent évoluer vers des Bacs professionnels ou BTS, sans oublier l’excellente voie des Compagnons du Devoir.
- Les compétences techniques indispensables incluent la lecture de plans, la géométrie et la dextérité manuelle, complétées par patience et persévérance.
- La rémunération commence au SMIC pour atteindre 1700-1800€ nets avec l’expérience, avec des perspectives d’évolution vers des postes de chef d’atelier ou d’entrepreneur indépendant.
- Le quotidien alterne entre conception en atelier et installation sur chantiers, dans un secteur qui recrute activement.
Formations pour se lancer dans la menuiserie
Je me souviens encore de mes premiers pas dans ce métier, à une époque où les machines numériques n’existaient pas encore ! Aujourd’hui, plusieurs voies s’offrent à vous pour apprendre le métier de menuisier. Le CAP menuisier reste la formation initiale par excellence, accessible après la 3ème et se préparant généralement en deux ans.
Vous pouvez choisir parmi différentes spécialités : CAP menuisier fabricant, installateur, aluminium-verre ou en sièges. La formation qualifiante de CAP menuisier fabricant vous apprend à concevoir, fabriquer et assembler des ouvrages en bois ou dérivés, selon les règles de l’art.
Si vous êtes en reconversion comme certains de mes apprentis qui ont troqué leur costume-cravate contre un tablier, sachez que cette formation peut se préparer en un an seulement.
Pour aller plus loin, les formations de niveau baccalauréat offrent une expertise supplémentaire :
- Bac professionnel technicien menuisier-agenceur
- Bac professionnel technicien constructeur-bois
- Bac professionnel technicien de fabrication bois et matériaux associés
- Bac professionnel menuiserie aluminium-verre
Les plus ambitieux pourront poursuivre avec un BTS en systèmes constructifs bois et habitat ou en développement et réalisation bois. Je vous recommande aussi de jeter un œil du côté des différences entre ébéniste et menuisier pour bien orienter votre parcours selon vos aspirations.
Pour les personnes en reconversion, ne négligez pas les formations spécifiques comme le titre professionnel menuisier agenceur ou le Brevet Professionnel. Personnellement, j’ai un faible pour la formation des Compagnons du Devoir, avec leur Tour de France qui permet de changer d’entreprise et de ville chaque année. On y apprend non seulement le métier, mais aussi la vie !
Quelles compétences et qualités pour réussir dans le métier ?
Devenir menuisier, c’est cultiver un jardin de compétences variées. Croyez-moi, après avoir formé des dizaines d’apprentis, je peux vous dire que la précision et la patience sont essentielles. Je me rappelle ce jeune impatient qui voulait tout faire vite… il a appris à ses dépens qu’avec le bois, on ne peut pas tricher !
Sur le plan technique, vous devrez maîtriser :
| Compétences techniques | Aptitudes physiques | Qualités personnelles |
|---|---|---|
| Lecture de plans | Bonne condition physique | Patience et persévérance |
| Géométrie et mathématiques | Capacité à porter des charges | Sens du contact client |
| Connaissances en étanchéité | Résistance aux conditions climatiques | Esprit d’équipe |
| Utilisation des machines numériques | Dextérité manuelle | Sens commercial |
J’ai toujours considéré que l’habileté manuelle est le pilier central de notre métier. Vous manipulerez diverses essences de bois, mais aussi d’autres matériaux comme le PVC, l’aluminium ou le verre. Les techniques de placage bois font d’ailleurs partie des savoir-faire qui peuvent vous démarquer sur le marché.
Ne vous méprenez pas sur ce métier : il demande une bonne dose d’adaptabilité. Un jour, vous serez en atelier au chaud, le lendemain sur un chantier par tous les temps. J’ai passé des hivers à restaurer des fenêtres dans des bâtisses non chauffées, et je peux vous garantir que l’amour du métier réchauffe… mais pas assez quand il fait -5°C ! (Je plaisante, habillez-vous bien !)
Rémunération et perspectives d’évolution professionnelle
Parlons argent – car oui, la passion c’est bien, mais il faut aussi nourrir sa famille ! Comme débutant, vous toucherez environ le SMIC (1540€ bruts). Avec l’expérience, votre salaire grimpera vers 1700-1800€ nets. Les indépendants comme je le suis devenu après quelques années peuvent dépasser les 2000€ nets, voire beaucoup plus selon leur clientèle et leur spécialisation.
Les perspectives d’évolution sont nombreuses dans notre secteur. Vous pourriez devenir :
- Chef d’équipe puis chef d’atelier
- Conducteur de travaux supervisant plusieurs chantiers
- Dessinateur CAO-DAO pour concevoir les projets
- Créateur de votre propre entreprise
J’ai personnellement choisi la voie de l’indépendance après avoir travaillé dix ans comme salarié. La création d’une entreprise de menuiserie demande un investissement initial conséquent, mais offre une liberté inestimable. Choisissez bien votre statut juridique : auto-entrepreneur pour débuter simplement, EURL ou EIRL pour une structure plus solide, ou encore SAS pour les projets d’envergure.
N’oubliez pas les démarches administratives : business plan, déclaration d’activité, numéro SIRET, et surtout les assurances obligatoires (RC Pro et décennale). Le stage de préparation à l’installation proposé par les Chambres de métiers est facultatif mais très instructif.
Le quotidien du menuisier : entre atelier et chantiers
Un menuisier jongle entre différentes tâches au quotidien. Je passe souvent de la conception à la réalisation, puis à l’installation. Chaque projet commence par comprendre les besoins du client – parfois mieux qu’eux-mêmes ! Je me souviens d’un couple qui voulait absolument une porte en chêne massif pour leur salle de bains… jusqu’à ce que je leur explique les problèmes d’humidité que cela poserait.
Dans mon atelier, je trace et découpe les pièces, les assemble, puis réalise les finitions. Sur les chantiers, j’installe mes créations en collaboration avec d’autres corps de métiers. La coordination avec les maçons ou les électriciens est essentielle pour un résultat harmonieux.
Le marché de l’emploi est plutôt favorable aux menuisiers qualifiés. Selon l’Enquête Besoins en Main-d’Œuvre de France Travail, c’est un métier en tension qui recrute. Le secteur est majoritairement composé de TPE et d’indépendants, ce qui offre des opportunités variées.
Choisir la menuiserie, c’est opter pour un métier complet, où chaque journée apporte son lot de défis et de satisfactions. Quand je contemple une vieille maison où j’ai restauré toutes les boiseries, je ressens une fierté que peu de métiers peuvent offrir. Comme on dit dans le métier : le bois vieillit, mais nos créations traversent les générations !




